Les occidentaux ont l'heure, les africains ont le temps.
Cette affirmation porte à réflexion. En effet, il faut s'habituer au rythme des africains. Bien souvent, les activités ou les évènements prévus commencent très en retard, ou sont annulées. Côté professionnel, il est vraiment intéressant d'essayer de faire les choses au rythme sénégalais...
Je suis quelqu'un qui fait tout rapidement. Très rapidement, même. Aussi bien dire que je suis encore en train de m'adapter au rythme sénégalais! Surtout question travail. Je m'explique.
CNVAF (Convergence Nationale pour la valorisation des activités des femmes) est une organisation composée d'une structure assez complexe. D'abord, il y a le conseil d'administration, qui compte une quinzaine de membres. Les membres sont tous des représentants des différentes organisations partenaires de CNVAF, ou bien des membres de l'équipe de coordination des Maisons VAF.
Ensuite, il y a l'équipe de coordination de CNVAF, qui compte 4 membres, que j'ai présentés précédemment.
Enfin, il y a les équipes de coordination de chacune des maisons VAF en région.
Bref, il y a beaucoup de monde. Et CNVAF tient à ce que le plan stratégique que je vais élaborer avec eux se fasse de façon participative, ce qui est absolument louable. Ce qui est difficile dans cet objectif, c'est que nous n'avons pas tous la même notion du temps. Pour ma part, je n'ai que le plan stratégique à faire et c'est la raison même de mon séjour ici. Je suis donc constamment en train d'y réfléchir, et je pense beaucoup au fait que je n'ai que 3 mois (2 mois et demi maintenant) pour accomplir tout ce qu'il y a à faire. Les autres acteurs du plan stratégique, que ce soit le CA, l'équipe de coordination ou les MVAF, sont tous des bénévoles extrêmement dévoués envers leur cause. Cependant, comme ils sont bénévoles, ils ont autre chose à faire. Cela veut donc dire que j’attends beaucoup en ce moment.
J'ai envoyé des questionnaires dans le but de préparer tout le monde au processus de planification stratégique. C'est un questionnaire avec une dizaine de questions, qui obligent à une réflexion globale sur l'organisation. Maguette et moi l'avons envoyé à une vingtaine de personnes il y a une semaine. J'en ai reçu 3 dûment remplis. Ce n'est pas parce que les gens ne sont pas intéressés ou ne sont pas motivés, mais bien parce qu'ils ont une notion du temps bien différente de la mienne, et potentiellement des priorités qui diffèrent. Mais j'apprends, sur moi et sur eux, et je dois avouer que ce que je découvre me plaît beaucoup.
En attendant le retour des questionnaires, Maguette (le secrétaire-trésorier de CNVAF et l'homologue entre CNVAF et le CECI, donc mon superviseur de stage) et moi avons travaillé sur l'environnement externe de CNVAF. Après toute la lecture que j'ai faite la semaine passée, nous avons réussi à pondre un document de... 14 pages! Environnement légal, politique, économique, technologique, environnemental et social y sont passés. Tout à fait intéressant. J'attend la réponse de Maguette sur le document final avant de pouvoir le présenter aux autres participants du plan stratégique.
Moi qui a tendance à être stressée et à être un peu "control freak", ici, j'apprend à relaxer, à lâcher prise quand il le faut et à reprendre les rennes au bon moment.
Bref, le "temps" africain peut peut-être me frustrer avec mon "heure" et ma "montre" occidentale, mais elle m'apprend le zen.
J'ai aussi entendu au marché un vendeur dire que ce qui compte, ce n'est pas l'argent, mais bien l'art des gens. Ça aussi, ça porte à réflexion.... même si finalement, tout ce que le vendeur voulait c'est notre argent (et il l'a eu), il m'a tout de même poussée à la réflexion! Ah, ces africains! ;)