Kinding Kandang Teuss!!!
Ouff, par où commencer?? Tant de choses sont arrivées dans ma vie sénégalaise, je me demande parfois si je ne vis pas deux vies!
D'abord, je vais vous parler brièvement du Siné Saloum, où j'ai passé le week-end avec mes chères voisines Élizabeth, Maude et Lyne. Nous sommes parties avec Yerim, un jeune sénégalais qui gagne sa vie à être guide de son merveilleux pays! Et quel guide il est! Il est venu nous chercher directement à la maison avec son cousin Pape, qui conduisait le 7 places. Nous avons roulé directement pendant 4 heures dans une voiture une peu cabossée haha jusqu'à un petit gîte touristique fabuleux, directement sur le bord de la mer. On entendait les vagues de notre case. Merveilleux! Dès Samedi, nous sommes partis en pyrogue sur le Fleuve Gambie, où nous avons vogué pendant de nombreuses heures, à voir les paysages défiler, les femmes recueillir les huitres, les hommes pêcher et les villages passer. Nous avons mangé du poisson grillé sur la plage, et en revenant, nous avons été observer des hyènes dans la brousse. Le seul moyen de s'y rendre est à 6 sur une calèche, mais les calèches sénégalaises ne sont définitivement pas celles que l'on trouve dans le Vieux-Québec, surtout quand le cheval prend peur et part au galop! hahahah! Quelle expérience, c'est comme d'être à la Ronde, mais pas attachés!! Toujours est-il que nous avons survécu et qu'après souper, notre cher Yérim nous a amenés dans un party Sérère, l'une des ethnies au Sénégal. Nous sommes entrées dans le mini centre communautaire de ce village au milieu de la brousse, et il serait dans les faits impossible d'expliquer la beauté et surtout l'intensité de la danse Sérère. Maude et moi avons bien tenté de danser avec eux, mais disons que la danse ne coule pas aussi facilement dans le sang toubab que dans le sang africain! C'était tellement beau, je me suis sentie tellement privilégiée de vivre un moment pareil que je me suis demandé si je le vivais vraiment... et si ce n'était pas un rêve.
Après la danse Sérère, nous avons commencé la journée un peu plus tard dimanche. Nous sommes allées voir le plus grand baobab du Sénégal. C'est un arbre très haut, très vieux (850 ans) et qui fait 32 mètres de circonférence! Nous sommes même rentrées 6 personnes à l'intérieur... où nous avons trouvé des centaines de chauve-souris! Pendant des années, on suspendait les troubadours sénégalais, les griots, dans les baobabs lorsqu'ils mourraient, car on disait que d'enterrer un griot dans la terre portait malheur... C'est dire la grosseur de ces arbres! Après la visite du baobab et la négociation sérrée avec les vendeurs de sculpture à l'extérieur (de nombreux cadeaux achetés là, en passant!! Hihi!), nous sommes partis en direction de Joal-Fadiout, une Île faite en... coquillages! La particularité de Fadiout, outre le fait d'être en coquillages, c'est que sa population est à 95% chrétienne, ce qui est normalement tout le contraire du reste du Sénégal, où la population est à 95% musulmane. Les chrétiens et les musulmans vivent en paix et en collaboration au Sénégal, et en particulier à Fadiout où il y a un cimetière mixte musulman et chrétien et où les musulmans ont aidé les chrétiens à construire leur église.
Vraiment, le Siné Saloum et les villes/villages environnants sont merveilleux. Je pense que c'est l'un des meilleurs week-end de ma vie! En plus, Yerim Diallo est le meilleur guide du pays! Quand vous viendrez au Sénégal, faites affaires avec lui! Voici son site web: www.yerimguide.skyrock.com et sa page Facebook: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10151064652786189.485881.512961188&type=3#!/yerim.guide C'est ce cher Yerim qui nous a montré le "Tchin Tchin" Sénégalais, le fameux Kinding Kandang teuss!!
Retour à Dakar pour le début de mes ateliers de planification stratégique. Ayayaye, un peu de stress ici avant de commencer! haha! Lundi, nous avons fait l'évaluation de l'ancien plan stratégique de CNVAF. Le rendez-vous est à 9h30... et la plupart des participants sont arrivées entre 10h30 et 11h30! Nous avons réussi à évaluer tout le plan, mais je me suis rendue compte que dans les faits, ils n'avaient jamais utilisé le plan stratégique! Ils ont réussi à atteindre certains résultats parce que le plan a été élaboré de façon participative, mais qu'une fois élaboré, il avait été rangé dans un tiroir et ressorti uniquement pour en faire l'évaluation avec moi.... 5 ans plus tard! Je les ai un peu chicanés en disant que si le plan qu'on élaborerait ensemble allait vivre le même sort, que j'étais aussi bien de rentrer chez moi tout de suite! Mais l'évaluation a porté fruit et nous avons un beau document de 6 pages analysant l'ancien plan... et surtout, tirant des leçons de ce dernier.
Mardi nous avons eu une journée de congé parce que la CNVAF devait trouver des fonds afin de pouvoir faire les ateliers de mercredi, jeudi et vendredi. J'en ai profité pour finir la rédaction de l'évaluation, et aussi pour faire mon premier rapport mensuel de stage! Je n'en reviens pas que ça fait un mois que je suis à Dakar. D'un côté, ça passe très vite, et d'un autre, moins, parce que je me rends compte qu'il me reste 2 mois avant de retrouver les miens! Mais bon, avec le travail à abattre d'ici là, je n'aurai pas le temps de m'ennuyer.
Nous avons donc commencé les ateliers mercredi. Nous avons travaillé à l'élaboration de l'arbre à problèmes et à l'analyse FFOM. Le travail se fait plus lentement ici qu'il se ferait en Occident, mais malgré tout, nous avons bien avancé et surtout, fait le tout de façon très participative. Jeudi, (aujourd'hui), nous avons travaillé sur l'élaboration des problèmes critique et nous avons fait l'énoncé de la vision de CNVAF. La voici:
La CNVAF s’efforce de contribuer à une société où il n’y a pas d’inégalités sociales entre les femmes et les hommes, où l’automatisation liante dans le genre est une réalité du développement, où il y a l’éducation pour tous, et dans laquelle on lutte contre la pauvreté par la professionnalisation des populations et la valorisation des activités des femmes.
Je suis très fière de mon équipe mais aussi de moi, parce que je trouve que je me débrouille très bien malgré le fait que je n'ai pas vraiment d'expérience en planification stratégique. Mon superviseur de stage est très content de moi, et l'équipe avec qui je travaille est vraiment géniale. Je rappelle qu'ils sont tous bénévoles et qu'ils arrêtent toutes autres activités pour venir travailler avec moi au plan stratégique. En plus, certaines des personnes voyagent pendant plusieurs heures pour venir, et plusieurs heures pour retourner chez elles, le transport en commun ici n'étant pas des plus fiables. Ils m'impressionnent par leur rigueur au travail, leur passion pour leur cause, et leur espoir de contribuer à une société meilleure.
En passant, pour ceux que ça intéresse, voici la toute nouvelle page Facebook de CNVAF!
https://www.facebook.com/CNVAF
Bref, c'est un cadre de travail parfois fatiguant de par le fait que les choses se font plus lentement ici, et qu'il faut toujours prévoir des journées pour compenser le retard pris les journées précédentes, mais les gens avec qui je travaille sont tellement inspirants que la longueur des journées ne compte pas, finalement. En plus, mes collègues me donnent des petits cours de wolof quand on attend les retardataires... je me débrouille de mieux en mieux!
Voici ce qui est ressorti du cours d'aujourd'hui:
No tu du? / Comment tu t’appelles?
Maangi to do Léa / Je m’appelle Léa
Yaw ndak? / Et toi?
Kaay Leek (Lèk) / Viens manger
Naa rees ak jaam / Bonne digestion dans la paix
Lee gi-lee gi / à tout de suite
Ndank-ndank / doucement
Waxal bubor / parle plus fort
Pour le moment, je vous dit Gnou fanam diam! (Bonne nuit!)